Construire une terrasse en bois sur plots : préparation du sol, structure et pose des lames



Une terrasse en bois prolonge la maison vers le jardin et transforme un simple bout de pelouse en véritable pièce de vie. Parmi les différentes techniques de pose, celle sur plots réglables séduit de plus en plus de bricoleurs : elle évite de couler une dalle, s’adapte aux petites irrégularités du terrain et laisse l’eau s’écouler librement sous la structure. Bien préparée, elle dure de longues années avec un entretien raisonnable. Voici comment la concevoir et la construire, de l’implantation jusqu’à la dernière lame.

Bien préparer son projet avant d’acheter le bois

Commencez par observer le jardin à différents moments de la journée. L’emplacement idéal dépend de l’ensoleillement, du vent dominant, de la vue et de l’accès depuis la maison. Pour une table de six personnes avec un passage confortable autour, prévoyez au moins 12 à 15 m². Dessinez ensuite un plan coté : il permettra de calculer les quantités et d’optimiser la longueur des lames afin de limiter les chutes.

Renseignez-vous aussi en mairie. Une terrasse de plain-pied ne demande généralement aucune autorisation, mais une terrasse surélevée peut être assimilée à une construction et nécessiter une déclaration préalable. Le plan local d’urbanisme peut par ailleurs imposer un recul par rapport aux limites de propriété ou un pourcentage d’espaces verts à conserver. Mieux vaut poser la question avant de commencer, surtout si le projet se situe près d’une clôture.

Choisir le bois et les matériaux

Le choix de l’essence conditionne la durabilité de l’ouvrage et son budget :

  • le pin traité autoclave classe 4 est la solution la plus économique, à condition de traiter aussi les coupes ;
  • le douglas et le mélèze offrent un bon compromis, avec un aspect plus naturel ;
  • le bois thermochauffé gagne en stabilité et prend une belle teinte sombre ;
  • les bois exotiques comme l’ipé ou le cumaru sont très durables, mais plus chers et plus difficiles à percer.

Quelle que soit l’essence, vérifiez que les lambourdes présentent une classe d’emploi adaptée au contact avec l’humidité, soit la classe 4 au minimum. Privilégiez du bois issu de forêts gérées durablement, identifiable aux labels FSC ou PEFC. Pour la visserie, l’inox est indispensable : des vis ordinaires rouillent, cassent et laissent des coulures noires sur les lames. Ajoutez à votre liste un feutre géotextile, des plots réglables et des bandes bitumineuses pour protéger le dessus des lambourdes.

Préparer le sol et implanter les plots

Délimitez la surface avec des piquets et un cordeau, puis contrôlez l’équerrage en mesurant les deux diagonales, qui doivent être égales. Décapez la terre végétale sur une dizaine de centimètres, retirez les racines et compactez le fond. Sur un sol meuble, il est préférable d’ajouter une couche de gravier compacté ou de poser les plots sur de petites dalles en béton, afin de mieux répartir les charges et d’éviter tout tassement au fil des saisons.

Déroulez ensuite le géotextile, qui limitera la pousse des mauvaises herbes tout en laissant passer l’eau. Placez les plots selon une trame régulière : un espacement d’environ 60 cm entre deux plots d’une même lambourde convient dans la plupart des configurations, mais suivez toujours les préconisations du fabricant selon la section choisie. Réglez une pente légère de 1 à 2 % à l’opposé de la maison pour évacuer l’eau de pluie.

Monter la structure

Les lambourdes sont posées perpendiculairement aux lames, avec un entraxe de 40 à 50 cm selon l’épaisseur de celles-ci. Pour une pose en diagonale, réduisez cet écart d’un tiers environ. Vérifiez chaque ligne au niveau et à la règle, puis corrigez en tournant la tête des plots. Là où deux lambourdes se rejoignent, doublez le support : chacune doit reposer sur un appui, sans porte-à-faux important.

Prenez le temps de laisser circuler l’air sous la terrasse : c’est la première garantie de sa longévité. Une lame de bois qui reste humide en permanence vieillit très vite. Conservez un espace libre d’au moins 10 cm sous les lambourdes et ne fermez jamais complètement le pourtour, même avec une plinthe décorative, qui devra rester ventilée.

Poser les lames et soigner les finitions

Avant la pose, stockez le bois à plat et à l’abri quelques jours sur place, pour qu’il s’adapte à l’humidité ambiante. Posez la première lame à quelques centimètres du mur, en parfait alignement, car elle sert de référence à toutes les autres. Laissez ensuite un jeu de 5 mm environ entre deux lames : des cales de même épaisseur rendent le travail très régulier. Pré-percez systématiquement les bois durs et les extrémités, puis fixez chaque lame avec deux vis par lambourde.

Alternez les joints d’une rangée à l’autre pour un rendu harmonieux, en faisant toujours tomber les coupes sur une lambourde. Terminez par une recoupe des bords au cordeau, puis par la pose d’une plinthe ajourée si vous souhaitez masquer la structure. Si vous hésitez sur certaines étapes, les conseils pratiques proposés par Mon Travoo peuvent vous aider à organiser le chantier et à évaluer les matériaux nécessaires.

Entretenir sa terrasse pour la garder belle

Un bois laissé brut prend naturellement une teinte grise argentée, qui ne nuit pas à sa solidité. Si vous préférez conserver sa couleur d’origine, appliquez un saturateur une fois par an après un bon nettoyage, sur un bois sec et par temps doux. Dans tous les cas, balayez régulièrement les feuilles et dégagez les interstices, où la saleté retient l’humidité. Évitez le nettoyeur haute pression réglé trop fort, qui arrache les fibres : une brosse et un dégriseur adapté donnent de meilleurs résultats. Avec ces quelques gestes, votre terrasse restera agréable et sûre pendant de nombreuses années.